Memory almost full of Québec
20 07 2008
C’est à 21 heures ce soir qu’aura lieu la deuxième conquête anglaise de Québec. Sgt Pepper et son armée de musiciens vont terrasser les 200,000 fantassins présents à coup de bombes des années 60 comme il y a 300 ans. Je prédis encore une fois notre victoire. Le conquérant quittera la scène plus vite cette fois-ci. La première fois ça nous a pris 250 ans pour nous en débarrasser, car même si nous avons perdu la bataille des plaines, nous avons fini par gagner la guerre.
Sir Paul a toujours été le petit comique de Beatles et il n’a pas changé. Il a déclaré en riant sous cape dans une entrevue accordée à Radio-Canada, qu’il ne comprenait pas les plaintes de certains nationalistes concernant sa visite parce qu’après tout nous avons gagné la guerre des plaines d’Abraham. Nous sommes plus vivants que jamais. N’en déplaise aux nationalistes en question, il a raison. La vieille garde souverainiste entretient les Québécois dans leur rôle de victime. C’est une de leur principale stratégie. Pour croire que nous serons plus heureux dans un Québec indépendant, il faut être convaincu que nous subissons encore les conséquences de la conquête et que nous ne pouvons pas nous réaliser et assurer notre survie dans le système actuel. C’est à cause d’elle si nous sommes minoritaires et en danger. À cause d’elle que nous sommes victimes de discrimination des Canadiens anglais et des autres provinces. Je crois qu’au contraire, c’est aux conquérants Anglais que nous devons notre survivance. Si nous avions été conquis par les Néerlandais, les Allemands ou les Mongols, nous aurions probablement été victimes de génocide. Il faut quand même admettre que peu de vainqueurs au cours de l’histoire ont accepté que les conquis conservent leur religion, leur langue et leur culture. Pas besoin d’aller bien loin pour voir comment agissent les envahisseurs avec les peuples minoritaires, il n’y a qu’à voir ce que nous avons fait nous-mêmes aux autochtones. Le pire écueil auquel nous avons fait face est le rapport Durham que le conquérant lui-même a refusé d’appliquer. Voyant quand même le danger, nous avons en quelque sorte pris le maquis pour nous réfugier dans nos terres et nos villages jusqu’en 1960. C’est alors que nous avons déclenché une révolution dont nous sommes sortis gagnants. Pour les indépendantistes, la victoire ne sera pas complète tant que le Québec ne sera pas un pays. C’est correct, on a le droit de le penser et il y a toutes sortes de bonnes raisons pour le croire. Mais de là à nous entretenir dans le rôle d’éternels perdants, il y a une marge. D’ailleurs, c’est une des raisons pour laquelle les jeunes ne sont pas mobilisés par le projet souverainiste. Ils n’ont pas le complexe de la victime des générations d'avant 1960.
Il n’y a pas que certains nationalistes qui sont chatouillés par la visite de Paul McCartney. Je constate que René Angélil pense qu’il fait pas mal d’ombre à sa belle Céline. Il a demandé sans succès un changement de scène pour qu’elle soit aussi bien placée que lui. S’il fallait qu’elle attire moins de monde, il ne serait pas content. En tout cas, je pense qu’il a déjà perdu la bataille médiatique. Je serais étonné que le concert Dion obtienne autant de couverture que celui de ce soir. C’est un peu normal que la visite rare soit reçue avec plus de panache que celle de notre petite sœur qui nous visite régulièrement. Que veux-tu René, on ne peut pas avoir une straight flush à tous les coups. Gage pas trop fort.
Publié par : jacqueso à 12:49:17
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